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Une histoire d’assiettes…

18 septembre 2014
Assiette vintage

Cet été, dix-sept nouvelles assiettes se sont invitées dans notre bureau. Dans cet endroit où s’amassent petit à petit ces choses qui prendront part à notre décoration de mariage. Dans cette pièce qui ressemble à présent davantage à un immense placard qu’à ce lieu où s’entourer de concentration.
Entre les bocaux en verre, les pommes de pin, les sachets en papier, les imposantes jarres, les assiettes chinées et les cadres qui n’ont pas encore rejoint nos murs, dix-sept nouvelles assiettes ont fait leur apparition. Dix-sept assiettes nouvelles, mais pas neuves. Dix-sept assiettes qui en ont vécu des histoires. Dix-sept assiettes qui reviennent de loin…

Ces assiettes ne font pas l’unanimité entre nous. Pour l’un, elles sont trop différentes des assiettes débusquées à droite à gauche, chez Emmaüs ou dans un vide-grenier, pour s’étaler sur les tables le jour J. Pour l’autre, elles sont trop chargées d’histoire pour ne pas être mises en valeur. Le débat fait rage. Mais peu importe l’issue, j’espère bien les garder ces assiettes. Parce qu’elles sont un véritable héritage dévalant les générations. Parce qu’elles sont des témoins de mon histoire et de l’Histoire.

Ces assiettes sont toutes ornées de fleurs colorées et d’un liseré rose tirant sur le framboise. Certaines sont ébréchées. Certaines sont tachées. Non pas qu’elles soient sales, non. Elles ont juste vécu plusieurs vies. Et l’une d’elles les a marquées de façon plus profonde que les autres ; à l’image de cet événement qui a marqué la France.

Assiette vintage
Bien avant de rejoindre notre appartement, bien avant d’être confiées à ma tante, ces dix-sept assiettes habitaient le buffet d’une maison de Sombernon, au coeur de la Bourgogne. À l’époque, elles étaient plus nombreuses ces assiettes, et surtout dénuées de taches. Jour après jour, repas après repas, elles accueillaient la nourriture d’une famille tranquille et sans histoire ; d’une partie de ma famille. Jusqu’à ce que la Seconde Guerre Mondiale éclate. Jusqu’à ce que la France soit envahie par l’armée nazie.

La maison de Sombernon fut alors réquisitionnée par les hommes d’Hitler. Ses occupants, forcés de la laisser aux mains de l’ennemi, quittèrent les lieux pour rejoindre Dijon où le reste de la famille pourrait les héberger. Les assiettes, elles, restèrent sur place.
La guerre se poursuivit dans tout le pays et sur tout le continent. Les combats redoublèrent. Les bombardements s’intensifièrent. Pendant plus de 4 ans, Dijon et la Bourgogne furent occupées par les troupes allemandes et la maison de Sombernon fut occupée par les nazis.

Le 15 août 1944, les alliés débarquèrent en Provence et remontèrent le Rhône.
Le 6 septembre, l’armée du général de Lattre de Tassigny atteignit la frontière sud de la Côte d’Or.
Le 11 septembre 1944, Dijon était libérée. La famille déplacée, saine et sauve, pouvait enfin rentrer chez elle.

La victoire fut célébrée, l’armistice fut signé et la porte de la maison fut poussée. Là, rien n’avait bougé. Tout semblait s’être figé dans le temps. Seuls les nazis n’étaient plus là. La pièce qu’ils avaient laissée était restée intacte.
Il faut croire que les nazis avaient été contraints de fuir en plein repas car sur la table, les assiettes étaient encore remplies de nourriture. Ces assiettes à fleurs colorées et à liseré rose tirant sur le framboise, qui porteraient à jamais les traces de cette occupation.

Assiette vintage
Quatre-vingt ans après ces événements, ces assiettes sont aujourd’hui entre mes mains. Si certains peuvent trouver cela glauque, moi j’y vois une belle façon de se rappeler l’Histoire, en plus d’un témoignage d’espoir. Et maintenant, je me demande bien quelles histoires peuvent se cacher derrière toutes ces autres assiettes chinées…

Assiette vintageAssiette vintageAssiette vintage

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27 commentaires

  • Répondre Xel0u le l0up 18 septembre 2014 at 8 h 52 min

    C’est une belle histoire! Mais effectivement, je ne sais pas si j’aurai envie de celle-ci à mon mariage ^^ (après, c’est une histoire quand même positive pour le coup, donc ça peut marcher…)

    • Répondre Anne-Laure 18 septembre 2014 at 9 h 17 min

      C’est ça ! Derrière la faïence, je vois surtout l’histoire de famille et l’issue positive. Du coup, j’ai envie de faire vivre de nouvelles belles histoires à ces assiettes. ^^

  • Répondre July 18 septembre 2014 at 8 h 55 min

    Tout est superbe et j’adore l’idée qu’elles ont vécu bien des vies avant nous ! Dans tous les cas on voit bien qu’elles ne sont pas malheureuses et pleines de vie ! :) j’ai adoré inventer des histoire à mes théières aussi !

    • Répondre Anne-Laure 18 septembre 2014 at 9 h 18 min

      Mais oui t’as vu, elles ont les joues toutes roses !
      Ah la la ces jolies théières… Je suis sûre qu’il y en a au moins une qui vient du pays des merveilles. 😉

  • Répondre lauriane 18 septembre 2014 at 10 h 06 min

    J’ai enfin pensé à toi. J’ai mis la photo des assiettes de ma grand mère sur instagram… Si elle te plaise n’hésites pas, je serais ravie de te les prêter pour ton mariage. Et pour la petite histoire c’est les assiette du service de mariage de mes grands parents,

    • Répondre Anne-Laure 18 septembre 2014 at 10 h 08 min

      Une belle histoire pleine de romantisme pour tes assiettes. Merci beaucoup pour la photo. Je viens juste de te répondre ! 😉

  • Répondre myleneuh 18 septembre 2014 at 10 h 07 min

    Je trouve ça tellement chouette comme idée, le côté dépareillé apporte une touche originale. J’A-DO-RE.

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 03 min

      Hé hé merci Mylène ! J’espère que les invités apprécieront. Maintenant, je vais essayé de garder quelques détails de déco secrets, qu’ils ne découvrent pas tout avant même d’avoir reçu les faire-part ! ^^

  • Répondre So Oh Cliché 18 septembre 2014 at 10 h 39 min

    Elle m’a donné un sacré frisson ton histoire ! Je trouve que c’est une jolie transmission car au delà de l’histoire avec un grand H c’est aussi une histoire de famille qui se transmet avec ses assiettes. Et un mariage je trouve que c’est un joli moment pour célébrer ça, la famille :)

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 04 min

      C’est ça qui m’a touchée droit au cœur. En dehors des anecdotes que ma grand-mère me racontaient sur l’enfance de mon père, j’en sais finalement peu sur ma famille. Alors ces assiettes sont tout un symbole ! :)

  • Répondre Fanny 18 septembre 2014 at 10 h 42 min

    Waouh, quelle histoire ! C’est un de mes regrets pour ma déco, ne pas avoir chiné les assiettes comme tu le fais… c’est tellement plus chouette que les assiettes blanches du traiteur. Vive les assiettes à fleurs (et si elles sont résisté à une histoire pour le moins tourmentée, c’est encore mieux).

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 08 min

      C’est long de chiner les assiettes et, parfois, on se chamaille un peu entre l’un qui trouve un nouveau lot trop joli et l’autre qui pense que ça ne va pas avec tout le reste. Mais c’est un chouette prétexte pour s’évader le week-end et parcourir les vide-greniers ! :)
      Allez, plus qu’une petite cinquantaine à trouver…

  • Répondre La Prune 18 septembre 2014 at 11 h 07 min

    Merveilleuse histoire ! Comme j’aimerai avoir ainsi des souvenirs de famille ou même connaître mon histoire ! Conserve-les bien précieusement !

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 08 min

      Je crois bien que ces assiettes vont nous suivre au-delà du mariage, jusque de l’autre côté de l’Atlantique… qu’elles vivent encore de belles histoires !

  • Répondre anneso 18 septembre 2014 at 11 h 56 min

    belle histoire!!
    Il faut que ces assiettes soient sur table le Jour J!

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 09 min

      Je vais montrer ton commentaire à Monsieur pour le convaincre ! 😉

  • Répondre Flo 18 septembre 2014 at 12 h 16 min

    Très belle histoire ! Ma grand mère, qui habite dans le Nord de la Bourgogne, a quasiment les mêmes assiettes ! Ce sont ses « assiettes de fêtes » et j’ai grandi avec, les sortant du buffet pour les grandes occasions :)

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 11 min

      Qui aurait parié sur des assiettes comme mémoire de nos familles. Mais finalement, c’est qu’elles en renferment des souvenirs ! :)

  • Répondre Lorette 18 septembre 2014 at 14 h 15 min

    Je trouve que c’est ça aussi la transmission entre générations. Aujourd’hui on se parle beaucoup moins qu’avant je trouve, entre générations, on ne prend pas ou plus le temps… on court après nos vies et on oublie parfois d’où l’on vient. Parfois, les objets parlent bien plus que les gens :)
    C’est un bel hommage, en tout cas, rendu à ta famille si finalement vous décidez de les intégrer dans votre déco de mariage.
    En parlant d’objet ancien, as-tu prévu de te prêter à cette fameuse tradition des 4 objets porte-bonheurs que la mariée doit porter le jour J : Quelque chose de vieux, quelque chose d’emprunté, quelque chose de neuf et quelque chose de bleu… ?
    Gros bisous !!

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 13 min

      J’aimerais vraiment qu’elles soient là avec nous le Jour J. D’autant que ma grand-mère ne pourra certainement pas être des nôtres… Même si ça ne la remplacera pas, ce sera un joli clin d’œil.
      J’ai pensé à suivre cette jolie tradition des 4 objets. Mais il faut que je me penche davantage dessus… J’ai déjà mon quelque chose de vieux et une petite idée du quelque chose de bleu. Il ne reste plus qu’à trouver les deux derniers.
      Bisous ma Lorette !

  • Répondre Amandine 18 septembre 2014 at 16 h 53 min

    Personnellement j’adore :) en plus tes assiettes sont toutes magnifiques ! Le jour où je déménage dans mon chez moi je pense aller chiner de la vaisselle pour me retrouver uniquement avec des pièces différentes, j’aime beaucoup le concept <3

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 15 min

      J’aime beaucoup les collections vaisselle d’Ikea, Hema, Monoprix et consoeurs… Mais se constituer une petite collection unique en chinant ses objets, c’est si agréable. Et puis on est quasi sûre de ne pas retrouver les mêmes choses chez la copine ! :p

  • Répondre La Grenadine 19 septembre 2014 at 22 h 42 min

    Quelle histoire !
    Je ne trouve pas ça glauque personnellement, elles sont les témoins muets de l’Histoire. Et se passer ses assiettes, quelque part, c’est se transmettre un morceau de l’histoire de ta famille. C’est plutôt un beau symbole. Surtout que tout est bien qui finit bien, puisqu’ils sont rentrés chez eux. (:

    • Répondre Anne-Laure 23 septembre 2014 at 9 h 15 min

      Tu sais quoi… Avec ton commentaire, j’ai même envie de mettre ces assiettes à la table des mariés exclusivement ! :)

  • Répondre La Parisienne du Nord 4 mars 2015 at 13 h 46 min

    Ah je te comprends. Chez mes parents, il y a les restes d’un service en porcelaine qui appartenait à mes grand-parents et je crois bien même à leurs parents. Bref ces assiettes, j’y tiens et on ne les sort que pour Noël. Elles font partie de mon histoire. Ah si les assiettes pouvaient parler, elles en auraient des anecdotes à raconter… 😉

    • Répondre Anne-Laure 9 mars 2015 at 22 h 23 min

      Aaaah Noël et ces occasions rares de les sortir rendent ces assiettes encore plus précieuses. :)

  • Répondre Notre déco de mariage – Rue Rivard 25 juillet 2016 at 2 h 06 min

    […] encombrées. Nous y avons donc juste ajouté nos bouquets de fleurs aux tailles disparates, des assiettes à fleurs chinées ou héritées, nos menus à gratter, nos cadeaux d’invités et les marque-places pommes de […]

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