Coups de gueule

Ma maison est en carton…

28 janvier 2011
Maison en carton

…Pirouette cacahouète !!
Trève de plaisanterie, c’est un coup de gueule que je veux pousser aujourd’hui.
Quoi, encore ?!
Ben oui, mais vous étiez prévenus dès la bannière du blog… Y’a pas écrit « râleuse » quelque part ?
Bon, alors…

Comme vous le savez, je suis à la recherche d’un appartement, d’une petite chaumière, d’un doux nid où l’Homme, Lincoln et moi (vous remarquerez que je place quand même l’Homme avant la bête !) pourrions trouver refuge.
Mais comme le dis si bien le petit bonhomme verdâtre aux oreilles décollées : « longue et difficile la quête sera, jeune Padawan ».
Ça, je m’en doutais bien, merci. Mais je ne pensais pas que je resterais 6 mois à vivre chez ma mère. Vi, vi, 6 mois. Je vous explique…

Jeudi après-midi, je file toute guillerette prendre le métro pour aller récupérer les clés de ce qui sera peut-être mon château. Bon, 3 pièces le château, avec une seule salle de bain mais ce sera MON palais !
J’arrive donc à l’agence immobilière (La Centrale Immobilière – oops, on avait dit pas de marque…), j’attends patiemment quelques minutes et je prends place en face de la gentille (que tu crois) conseillère.

Que puis-je faire pour vous ?

– J’ai appelé hier, je viens récupérer les clés de l’appartement situé rue tagada-tsouintsouin, pour une visite. (Mon château, mon château à moi)

– Pas de souci, je vais avoir besoin d’une carte d’identité. Donc, récapitulons… C’est un T3, en rez-de-jardin et… Ah, on vous a dit qu’il y avait une assurance loyers impayés sur ce bien ? (oh oh, ça commence à sentir mauvais…)

– Une quoi ? (au risque de paraître idiote…)

– Une assurance loyers impayés. Cela veut dire que pour ce bien, nous n’acceptons que les personnes en CDI, qui ont déjà validé leur période d’essai et qui gagne un salaire mensuel équivalent à trois fois le loyer. (Le jour où une assurance prendra un risque mesuré et véritable, je veux bien changer de sexe et me faire appeler « Victor »)

– Ah ! Euh… Euh… Je vous explique ma situation. Je reviens m’installer en France après avoir passé plus de 2 ans à Montréal et je suis actuellement à la recherche d’un travail. J’ai de sérieuses pistes mais pour le moment, rien n’a été signé.

– Alors dans ce cas, cela me semble compliqué et…

– Attendez ! (1ere lueur d’espoir) Mon conjoint, auto-entrepreneur, travaille (Lui). Actuellement, il est en mission longue durée pour une agence parisienne et gagne plutôt bien sa vie. (On enjolive un peu le tableau !)

– Ah, très bien. Alors dans ce cas, je vais avoir besoin de ses bilans financiers des deux dernières années.

– Les revenus montréalais, ça compte pour vous ? (Jolie tentative… Surtout qu’il était employé à l’époque. Attention au revers dans ta face…)

– Non, nous ne prenons en compte que les revenus français.

– Bon, dans ce cas là, je ne peux rien vous fournir. Par contre, nos parents se portent caution. J’ai ici tous les justificatifs nécessaires et ce sont des cautions solides. (Ça me fait chier à 26 ans d’avoir besoin de mes parents mais si tu insistes…)

– Inutile, on refuse les garants.

– … … Pardon ? (Il a été difficile à sortir celui-là, je viens de m’étouffer avec le peu de salive qu’il me reste)

– Oui, pour que l’assurance contractée par le propriétaire soit considérée valide, nous ne pouvons accepter de garants. (Assureurs, je vous maudis. Dès que je rentre, je me mets au vaudou. Et ça je vous l’assure tiens !)

– Même si mon père est millionnaire ? Et s’il est émir ? (Bon, j’ai pas vraiment dit ça, parce que c’est pas le cas. Sinon, j’aurais reçu MON château pour mes 18 ans)

– Je suis désolée mais je ne peux rien faire.

– Bon, d’accord. Auriez-vous d’autres appartements à me proposer ? (Ultime tentative désespérée…)

– Non, tous nos propriétaires ont souscrit l’assurance gnagnagna.

– Et comment je fais moi alors ? (C’est de la moutarde que je sens monter dans mes narines ?)

– Ben je sais pas…

– Donc, vous voulez dire que je viens de me taper 30 min de métro pour rien et que tant que je n’ai pas de travail, et quand bien même j’en aurais un, tant que je n’ai pas validé ma période d’essai, je ne peux pas louer l’un de vos biens ? (Discours clairsemé de postillons ici et là)

– C’est ça !

– Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! (Comprenez : je me suis levée, j’ai passé la porte et je suis partie les fesses serrées et la tête haute reprendre mon métro)

Alors pour ceux qui ne connaissaient pas et qui envisageraient de changer d’appart, sans être en CDI, HORS PERIODE D’ESSAI, sachez que cette pratique est malheureusement légale.
Par contre, en fouillant un peu sur le net, du côté des sites de ces chers assureurs, je me suis rendue compte que chacun avait leurs propres conditions. Certains, par exemple, exige du locataire de gagner mensuellement non pas 3 mais 2 fois le montant du loyer.
Je vous souhaite donc de tomber sur le « moins pire » de ces assureurs. Par contre, si vous êtes étudiant, vous pouvez soumettre une caution solidaire à votre dossier. Tiens, et si je reprenais mes études moi…

Voilà donc ma grosse douche froide du jour. Ajoutez à cela une mésaventure avec un porte-manteaux qui a voulu me faire un câlin rapproché et vous pouvez imaginer mon humeur !

Edit 1 : Bon je sais, j’exagère… (Vous commencez à me connaître) Et je souhaite nuancer quelque peu mes propos.
Premièrement, je ne suis pas à la rue. Je suis consciente d’être chanceuse d’avoir des parents qui m’entourent, me soutiennent et… m’hébergent. Mine de rien, ça compte et certains n’ont pas ça.
Deuxièmement, je suis sûrement tombée sur THE agence qui ne fait aucun compromis. Hein, La Centrale Immobilier (Oops, I did it again) ?! Une autre agence (Century 21 pour ne pas les nommer) s’est d’ailleurs montrée plus arrangeante en me proposant de négocier sec avec le propriétaire. Bon, vous me direz, il en va de leurs honoraires ; mais quand même !

Edit 2 : Et les 6 mois alors ?
Et bien, je suis cadre… J’ai donc gagné le droit à une période d’essai de 3 mois, renouvelable la coquine ! Et les agences, elles ont plutôt tendance à en profiter de cette offre de renouvellement. Non, je ne suis pas mauvaise langue !

Edit 3 : Bon, je m’en vais fulminer ailleurs….
En même temps, je me console en me disant qu’à ce train là, mon appart, je l’aurais au mois d’août. Idéal pour les éventuels travaux de peinture ; ça sèche plus vite. Et pour la crémaillère, barbecue et sangria pour tout le monde !

Crédits photo : www.slowtoys.ch

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17 commentaires

  • Répondre Lalex 28 janvier 2011 at 10 h 00 min

    Hé oui, bienvenue dans le monde totalement illogique où il faut justifier un salaire de cadre supérieur pour louer un studio…
    Surtout dans la capitale.
    Bon courage à toi !

  • Répondre Châtaigne 28 janvier 2011 at 10 h 06 min

    Pas facile d’être « jeune » ! C’est hallucinant par contre qu’ils n’acceptent pas les garants !

  • Répondre Anne-Lise 28 janvier 2011 at 10 h 09 min

    Ah, je comprends ton coup de sang, ça fout les boules tout ça: ils ne pouvaient pas t’informer de tout ça avant la remise des clés? pffffff…. j’ai la chance d’être maintenant proprio, mais notre premier appart en commun, chéri et moi, nous étions encore étudiants et c’était la croix et la bannière pour montrer patte blanche….pfffff, les proprios savent qu’ils ont le pouvoir et c’est dégueu :-( maintenant si tu gagnes pas 3000 euros par tête en couple, tu peux pas être locataire : du grand n’imp’ :-(

    bon courage !!

  • Répondre Virgile 28 janvier 2011 at 10 h 28 min

    J’ai eu les même problèmes… Honte à notre pauvre France qui ne donne de chance a personne. C’est une chose que tu ne rencontre qu’ici. Je suis sur que quand tu es arrivé à Montréal tu n’as pas eu tout ces problèmes pour trouver un appart…

  • Répondre Pauline 28 janvier 2011 at 10 h 29 min

    aïe aïe aïe ! Allez courage vous allez trouver !

  • Répondre Faustine 28 janvier 2011 at 11 h 52 min

    Ton histoire me fait penser à un pote (45 ans), fraichement divorcé et en quête d’une location temporaire le temps de vendre sa maison. Je ne te raconte pas combien il touche, puisqu’il dirige un service. Figure toi que l’agence lui a tout de même demandé qu’on se porte caution pour lui. Bizarrement il a cru qu’il avait 18 ans l’espace d’un instant. je veux bien que les propriétaires se protègent, c’est vrai qu’il y a beaucoup d’abus, mais quand il n’y a aucun compromis, je ne vois pas comment certains peuvent s’en sortir.
    Tiens, ça me fait également penser à ma propre histoire. A l’époque où j’ai fais de la coloc avec ma meilleure amie, avant que je ne monte sur Paris. Notre proprio se ventant d’être de gauche et trouvant le système politique trop individualiste, à tout de même refusé un super plan social accordé par l’état (mais je ne me souviens plus duquel). Comme quoi, les belles paroles, les beaux discours, mais sur le terrain, il n’y a plus personne …

  • Répondre Françounette 28 janvier 2011 at 13 h 24 min

    Pour en rajouter une couche… Agée de près de 54 printemps et un poste de DIRCOM en poche, j’ai été dans l’obligation de demander à ma mère âgée de 86 balais de se porter caution (non, vous ne rêvez pas)afin d’emménager dans mon petit nid d’amour. Il est vrai que depuis plus de 20 ans, je travaille à la mission et donc en CDD.
    Munie de tous les justificatifs de salaire ainsi que de cette caution (négociée sans problème avec ma chère et tendre maman), je visite un de ces fameux immeubles des canuts à la Croix rousse. Je vous laisse deviner la suite…Vous ne voyez pas ? Rien du tout ? Mais oui, c’est bien ça! Ma mère est considérée trop âgée; un risque trop grand au goût de la propriétaire que, je l’avoue aujourd’hui, j’envoie se faire voir sans gant ni pincette. Aucun remord. Ma colère n’est toujours pas passée.

  • Répondre anneloric 28 janvier 2011 at 16 h 30 min

    Et bien, je vois que je ne suis pas la seule révoltée…
    Aaaah les joies de notre beau pays ! Ça fait plaisir d’être rentrée tiens.

  • Répondre banji 28 janvier 2011 at 17 h 57 min

    Eh ben, je ne suis pas près de (pouvoir) revenir en France ! Bon courage !

  • Répondre ღ♥ ♥ ♥nessa♥ ♥ ♥ღ 28 janvier 2011 at 22 h 33 min

    et quand on gagne un peu plus du smig on a pas le droit de se loger…car les agences demandes 3 x le loyer …pire maintenant je suis au chômage reste plus qu’à attendre 10 un hlm…

  • Répondre ღ♥ ♥ ♥nessa♥ ♥ ♥ღ 28 janvier 2011 at 22 h 33 min

    je voulais dire 10 ans 😉

  • Répondre Julie 29 janvier 2011 at 21 h 09 min

    Et encore, parfois, les agences n’acceptent pas les cautions solidaires…
    La dernière fois que j’ai eu à louer un appart sur Paris, j’ai dû présenter non pas 1, pas 2, pas 3, mais 4 garants !
    Oui, oui, il en fallait 2 minimum et comme le premier ne gagnait pas assez et que le deuxième était trop loin (en France, mais tu comprends, la Martinique, c’est quand même pas pareil)… il a fallu en chercher deux autres. Heureusement que l’homme, contrairement à moi, n’est pas fils unique !
    Evidemment, à nous deux, nous gagnions 3 fois plus que le montant du loyer et pour le coup, on était plus en période d’essais.
    Super !

    Je vois encore une fois que la France n’a pas évolué dans le bon sens… Bon courage tout de même, je suis sûre que tout est bien qui finira bien :-)

  • Répondre Koyangi 31 janvier 2011 at 13 h 21 min

    Je vois que c’est la galère partout pour trouver un logement. En Suisse, entre Genève et Lausanne, c’est simplement la cata car même si tu as les sous, très peu d’appartements sont disponibles et il vaut mieux avoir un solide réseau de connaissances pour en trouver un. En revanche, chez nous, c’est un peu différent qu’en France, tant que tu peux justifier d’un travail et d’un revenu et mettre en caution souvent 3 fois le loyer de l’appartement (argent que tu ne récupéreras qu’à la fin de ton bail), c’est tout ce qu’on te demande en principe (les garants n’existent pas). Je sais que malheureusement, cela ne va pas t’aider de savoir ça, sauf de constater que la situation est hélas la même de chaque côté de la frontière, et je te souhaite de trouver très vite ton Palais de Princesse ! Courage !

    • Répondre anneloric 31 janvier 2011 at 18 h 28 min

      Merci pour ton petit mot. Je me dis qu’au moins cette galère n’est pas juste française…
      Dire qu’au Québec, le proprio n’a même pas jeté un coup d’œil à nos passeports ni nous a demandés si nous avions un boulot quand nous avons signé le bail… *soupir*

  • Répondre alex 3 février 2011 at 5 h 58 min

    je comprends pas que, en 2011, des gens en france cherchent encore un appart sans fausses feuilles de paie…nan mais tu debarques?? :)

    • Répondre anneloric 3 février 2011 at 15 h 56 min

      Je suis restée trop longtemps au Québec, voilà que je suis honnête 😉

  • Répondre Trouver un appartement à Montréal – Rue Rivard 16 novembre 2015 at 9 h 01 min

    […] quartier populaire de Lyon. Oui, je garde encore le goût amer de ce retour en France et de cette quête infernale d’un logement auprès des agences immobilières lyonnaises (euh et non, je ne pourrais pas acheter une villa sur […]

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