Me, myself and I

Freelance un jour, freelance toujours ?

9 octobre 2014
Travailler de chez soi

Quand nous sommes rentrés en France, il y a bientôt 4 ans, je me suis mise en quête d’un boulot en agence publicitaire sur Lyon. En parallèle, j’ai ouvert mon statut d’auto-entrepreneur pour éventuellement faire quelques missions à gauche à droite, le temps de trouver le job qui me ferait vibrer.

Quatre ans plus tard, je suis toujours freelance. Par dépit plus que par choix, je dois l’avouer.
Si certains jours cette situation me convient très bien, il y a des fois où j’enverrais bien tout bouler. À quelques mois de démarrer une nouvelle vie outre-Atlantique, j’ai décidé de dresser le bilan de cette expérience, pour voir si je la poursuis au Québec ou si je la mets entre parenthèses en apposant ce nouveau visa sur mon passeport.

Les plus de la vie de freelance

Un planning flexible : quand je réfléchis aux avantages de mon quotidien d’indépendante, je pense immédiatement à la liberté que cette situation m’offre… Libre je suis d’organiser mon temps comme je le souhaite. Libre je suis de faire les soldes un jeudi matin à 10h quand la majorité des gens sont au bureau. Libre je suis de regarder le dernier épisode de Downton Abbey en pleine après-midi, avec un thé et quelques sucreries, juste parce que j’en ai envie. Libre je suis de participer aux événements et déjeuners blogueurs sans me poser la question « Vais-je être de retour à temps pour ma réunion ? »

Le choix des projets : en agence, si l’on vous attribue un projet, il est difficile de le décliner. Ou alors vous avez intérêt à sacrément le justifier. Bon vous me direz, après tout, si vous êtes concepteur-rédacteur, l’imagination ne devrait pas être un problème pour vous ! Mais ça reste quand même délicat.
Quand vous êtes freelance, si vous n’avez pas la corde au cou côté finances, il n’est en théorie pas compliqué de dire non à un projet… « Désolée, je suis déjà bookée à temps plein, ce ne sera pas possible pour cette fois ». Après, le problème est de savoir dire non et de ne pas culpabiliser de ce refus quand il s’agit d’une potentielle rentrée d’argent et que l’on ne sait jamais de quoi sera fait demain !

L’absence de patron : même si le client est là pour vous rappeler vos deadlines et responsabilités, le seul décideur, c’est vous ! Il n’y a personne pour vous donner d’ordre et vos vacances ne risquent pas de vous être refusées…

Le rapport revenu/temps passé au travail : le salaire horaire d’un freelance est supérieur à celui d’un salarié réalisant les même tâches (charges et insécurité obligent). Du coup, il est possible de gagner l’équivalent d’un salaire d’employé sans travailler à temps plein. Enfin, encore faut-il que les missions soient régulières et qu’il n’y ait pas à démarcher de nouveaux clients !

Le travail de la maison : un colis à réceptionner ? Des lessives à faire ? Une recette à lancer bien avant l’heure du dîner ? Pas de souci, il est facile de courir du bureau à la cuisine ou au bureau de poste le plus proche entre deux papiers à rédiger.

Travailler de chez soi

Les moins de la vie de freelance

Un planning flexible : quand son planning est flexible et que l’on bosse de chez soi, c’est parfois difficile de se fixer des limites en terme d’horaires de travail. D’autant que c’est bien connu, toutes les missions tombent toujours au même moment !
Pas de train à attraper, pas de long trajet entre le bureau et chez soi… alors on travaille jusqu’à ce moment où le ventre gargouille et nous fait lever les yeux du clavier. Ah oui, il est déjà l’heure de manger ! C’est pourquoi se prévoir une séance de sport ou un rendez-vous entre copines en fin de journée peut se révéler bénéfique.

Travailler de la maison : si on ne fait pas attention et qu’on ne prévoit pas de petites sorties ou du temps pour souffler, c’est vite fait de rester 3 jours enfermés.
Merci le Fitbit pour la motivation à me bouger et sortir de chez moi !

Le vol d’un texte : parfois, quand on pitche pour une nouvelle mission, les clients nous demandent un texte d’essai pour s’assurer que notre profil correspond à leurs besoins. Si nous ne sommes pas retenus, les textes ne sont pas utilisés… Sauf quand le client est malhonnête et qu’au hasard d’une requête Google, vous tombez sur votre texte. Oui oui celui-là même ! Ce premier paragraphe que vous avez rédigé comme essai auprès d’une agence qui l’a revendu à son client l’air de rien, en me prétextant que celui-ci n’avait pas donné suite à la mission. C’est un court texte, mais c’est MON texte !

L’annulation d’une mission à la dernière minute : voilà des mois qu’un ancien client vous a contactée pour travailler sur une nouvelle mission. Plusieurs mois d’allers-retours entre les différents services s’écoulent pour caler le contrat, mais voilà c’est bon vous êtes prête à démarrer. Votre temps est réservé pour ce client et vous refusez les nouvelles missions qui se présentent à vous ; vous n’aurez pas le temps de tout gérer.
Puis la mission est repoussée d’un mois, de quelques nouvelles semaines… C’est normal dans le web, les problèmes techniques sont légion. Ça finira bien par se résoudre… Vous attendez donc encore. Vous ne partez pas cet été car vous étiez censée bosser et il est maintenant trop tard pour que votre moitié pose des vacances. La rentrée arrive, vous vous apprêtez enfin à démarrer votre mission et là, la mission est gelée jusqu’à nouvel ordre. #Fail
Vous n’avez plus qu’à recontacter tous ces clients que vous aviez pris soin d’éconduire avec finesse !

Le dépôt de bilan d’un client avant paiement : un client avec lequel vous avez déjà bossé 2 fois vous rappelle pour une nouvelle mission. Les précédentes fois s’étant bien passées, vous foncez et ne demandez pas d’acompte à vos factures. Les semaines défilent, les livrables sont livrés et les factures sont envoyées. Les semaines défilent et rien n’apparaît du côté de votre compte en banque. C’est bizarre, il n’y a que des lignes de débit !
Relances mail, relances téléphoniques, silence radio, mise en demeure, et toujours aucune réaction de la part du client. Vous en venez à saisir le Tribunal du Commerce pour récupérer votre dû et là, votre client vous contacte enfin pour vous dire que l’entreprise est sur le point de déposer le bilan. À vous de renégocier votre facture ou de risquer de tout perdre. #Fail

Travailler seule : travailler seule, ça a ses avantages… facilité de concentration, réduction des risques de prise de tête, gain de temps, etc. Mais l’inconvénient, c’est que c’est difficile de brainstomer avec soi-même, d’échanger ses idées et ses points de vue avec sa petite personne, d’évaluer son travail ou même de progresser.

L’insécurité financière : quand on est freelance, on est beaucoup mieux payé à la journée. Du coup, en fin de mission, quand elle est importante, c’est un joli montant qui vient garnir le compte en banque. Mais une fois les charges et impôts payés, ces sous, il est difficile de les dépenser pour se faire plaisir. Parce qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer… un projet annulé, un client qui dépose le bilan, un creux d’activité. Cette maudite épée de Damoclès est toujours un peu au-dessus de nos têtes.

Les prises de tête avec l’URSSAF : à un rythme bisannuel, les employés de l’URSSAF doivent s’ennuyer car ils viennent m’embêter comme ça, sans raison. Après m’avoir fait craquer il y a 1 an et demi (souvenez-vous, je me lâchais entre ces pages), l’URSSAF a récidivé cette année en fermant mon statut d’auto-entrepreneur, comme ça sans raison, parce qu’ils n’ont pas su faire une addition et ont déclaré que j’avais crevé le plafond autorisé alors que ce n’était pas le cas. (Vous pouvez reprendre votre souffle) S’en est suivi 1 mois de combat, de lettres recommandées, d’allers et retours en banlieue lyonnaise pour pouvoir résoudre la situation. Mais cette fois c’est bon, jusqu’à la prochaine crise d’ennui…

Travailler de chez soi
Ah la la malgré ces aspects négatifs, je l’aime quand même bien ma petite vie de freelance et ces journées que j’organise comme bon me semble. Mais j’avoue, cela ne me fera pas de mal de souffler un peu et de trouver une job à Montréal !

Travailler de chez soi
Et vous, vous avez déjà testé le freelance ?
Comment l’avez-vous vécu ?
 

Edit du 21 octobre 2014 : Merci à tous pour vos commentaires et partages d’expériences. Je me sens d’un coup moins seule dans cette situation !
D’ailleurs, vos petits mots ont fait ressurgir des avantages et inconvénients que j’avais oubliés dans ma liste… Si notre patron ne risque pas de nous refuser des vacances, celles-ci se feront par contre sans soldes. Et oui, dans le monde merveilleux du freelance, point de congés payés, RTT et autres arrêts maladie compensés. Mais en contrepartie, le bon côté des choses quand on a juste besoin d’un clavier et d’une connexion internet pour travailler, c’est que l’on peut bosser de partout. D’un appartement à la montagne, d’une terrasse face à la mer ou encore d’un chaleureux café d’une ville européenne. De quoi combiner bon temps et rentrées d’argent !
 

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41 commentaires

  • Répondre Corinne (Couleur Café) 9 octobre 2014 at 8 h 48 min

    Pas encore testé. Mais çà me tente de plus en plus. En réalité, je dois trouver le courage de sauter le pas.

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 8 h 52 min

      J’espère que la vie t’apportera ce petit coup de pouce pour sauter le pas et tester ce statut. Même s’il y a pas mal de pression, la liberté est un avantage incontestable.

  • Répondre chocoladdict 9 octobre 2014 at 9 h 20 min

    ah il y aurait tant à dire mais pour résumer difficile de se résoudre à perdre sa liberté quand on y a goûté mais au bout deux ans de galère financière j’avoue que j’ai pas mal déchanté quand à la vie de freelance

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 8 h 54 min

      C’est clair que le fait d’avoir des clients réguliers vs le démarchage permanent et l’inquiétude quant aux factures à payer peut changer complètement la vision du freelance.

  • Répondre Fanny 9 octobre 2014 at 10 h 30 min

    Des fois, le statut de freelance me tente… mais le confort d’un CDI m’en dissuade, d’autant plus quand on a trouvé un job épanouissant. En fait je rêvais beaucoup d’être free quand je ne supportais plus mon ancien taf. Quoiqu’il en soit tu es une professionnelle de haut vol (et je sais de quoi je parle :-) et tu réussiras aussi bien dans un poste classique que dans une vie de freelance. Hâte de suivre tes aventures.

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 8 h 57 min

      Merci ma belle pour ton message. Il me touche directement dans cette petite confiance en moi qui me fait parfois défaut et me fait douter. :)

  • Répondre Pr@line lyonnaise 9 octobre 2014 at 10 h 55 min

    Merci pour cet article, qui tombe à pic. Je suis en pleine réflexion sur ce sujet, et n’ai toujours pas tranché. Je pensais interroger les personnes dans cette situation (comme toi, ou Chocoladdict qui a commenté au dessus).

    Comme tu le dis, il y a des avantages certains, mais aussi pas mal de risques et inconvénients. Pour le moment, je garde ce projet au chaud, selon comment les choses évolueront.

    Si tu es d’accord, à l’occasion j’aimerais te poser quleques questions plus précises.

    Merci pour ce billet et bon courage, Montréal est au bout du tunnel !

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 8 h 58 min

      Quand tu veux pour tes questions. Si je peux t’aider, je le ferais avec plaisir.

  • Répondre So Oh Cliché 9 octobre 2014 at 11 h 33 min

    Je pense que tu décris précisément ce qui peut me faire envie aussi bien que peur dans ce statut ! Mais comme il se généralise semble-t-il un peu plus dans notre génération on a la chance (d’une certaine façon) d’avoir plus d’information et points de repères sur le sujet. En tout cas merci pour ton article qui contribue à ma réflexion 😉

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 00 min

      Oui tu as raison, il est beaucoup plus facile de se lancer maintenant. D’autant que la statut d’auto-entrepreneur permet de démarrer sans vraiment de risque ou d’investissement (en tout cas, quand tu vends des mots ! ^^).

  • Répondre Leax 9 octobre 2014 at 11 h 49 min

    Hello,

    La vie de freelance est super bien résumée dans ton article.. J’y ai moi même goûté en tant que graphiste, et ce n’est pas facile tous les jours malgré les avantages que cela procure. Si je peux ajouter mon ptit grain de sel, pour le retour au travail. Certes en CDI, avec le confort qui va avec, il faut se réhabituer justement à ces horaires fixes, et c’est assez oppressant au début. L’impression de ne plus avoir le temps de rien faire… D’être constamment surveillée… Mais heureusement il y a aussi le bon côté : les collègues, se pomponner chaque matin pour aller au boulot… :)

    Bon courage à toi pour la suite et encore bravo pour cet article.

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 02 min

      Tu as bien fait de rajouter ton grain de sel. À mon avis, il sonne très juste… Je serai certainement la première à râler de ces avantages perdus lorsque je me serai remise au salariat !
      Et encore merci pour ton message ! 😉

  • Répondre Amelie marie 9 octobre 2014 at 11 h 53 min

    J’ai beaucoup aimé ton article (déjà tellement bien écrit), mais en prime c’est un sujet qui me touche. J’ai peu travaillé (j’ai baroudé à la fin de mes études, donc dur de rester à un poste), et je suis en reconversion dans la communication (sous entendre, je vais suivre une formation à l’étranger où je vis), et moi le freelance, malgré les inconvénients (surtout au niveau salaire), me tente particulièrement car je suis difficilement prête à accepter un emploi du temps rigide. J’ai pris l’habitude de travailler aux heures qui me plaisent (je suis professeur de français particulier), et de gérer tout seule est très gratifiant.

    En tout cas merci de cette présentation très enrichissante. Pour moi, c’est clair que si je peux, je passe à ce mode de vie (enfin, j’y suis plus ou moins, mais « officiellement » dans mon nouveau domaine).

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 05 min

      Avec plaisir pour cet article. Il m’a aussi permis de faire le point de mon côté, de peser les pour et les contre, et de voir vers quoi je souhaitais me diriger par la suite.
      La perception de cette vie de freelance dépend aussi beaucoup du caractère de chacun je crois. Je suis une personne sur-stressée. Alors mettre de côté l’aspect finances et vie au jour le jour en fonction des contrats est quelque chose de difficile pour moi. Quand certains doivent accepter ça avec beaucoup plus de légèreté. Mais tant qu’on n’a pas testé, on ne peut pas savoir ce qui nous correspond le mieux.
      Je te souhaite bonne chance pour la suite de ton aventure dans ce nouveau domaine et surtout de trouver ce qui te plaît.

  • Répondre MamzelDree 9 octobre 2014 at 14 h 32 min

    Alors là ton article me parle tellement ! Je suis freelance depuis un an, et dans le même univers que toi et j’adooore ça !
    C’est un tel régal de pouvoir faire de sa journée ce qu’on veut, de ne pas se sentir obligée d’arrivée dans un bureau à 9h pile, car 9h05 c’est mal vu etc… on peut prendre un RDV en journée, on n’est pas surveillés… ou autres. Car le travail faut le faire, personne ne le fer aà notre place…
    C’est sûr que le côté instable est assez compliqué mais quand même… C’est bien !

    Je découvre ton blog en tous cas et je te souhaite bonne chance à Montréal ! 😉
    Moi je viens d’apprendre que je pars en Angleterre :) Héhé !

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 08 min

      Oui cette liberté a vraiment du bon… Et c’est sûr, le jour où j’arrêterai, elle me manquera terriblement. Mais bon, le beurre, l’argent du beurre, le fils du laitier, tout ça tout ça… Il faut malheureusement faire des choix ! ^^
      Bonne chance pour l’Angleterre ! 😉

  • Répondre Qyrool 9 octobre 2014 at 15 h 13 min

    Il est parfait ce petit article.
    Toutes personnes hésitant à se lancer en tant que freelance devrait le lire.

    Pour ma part, je trouve que le plus gros plus est effectivement la flexibilité. D’un point de vue agenda, bien sûr, mais d’un point de vue géographique aussi. C’est assez cool de pouvoir bosser d’où on veut.

    Le point le plus négatif pour mois c’est le coté tout seul. Tout seul pour rager contre ces C***S de l’Urssaf ou a stresser quand un client ne paye pas. Mais aussi tout seul pour faire des bons de joie quand un gros devis est signé ou pour trinquer quand un projet est fini.
    Du coup je me greffe souvent à des projets collaboratifs et il m’arrive d’en lancer.

    Pour le coté argent, même s’il faut s’habituer à ne plus avoir cette rentrée magique d’argent fixe à la fin de chaque mois, on finit par s’y faire. On apprend assez vite à avoir des revenus variables et à ne dépenser que l’argent qui est déjà rentré.

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 10 min

      Merci Pierre pour ton passage entre ces pages !
      Ahah c’est clair que dans nos métiers où il n’y a pas besoin d’être sur place, c’est un régal de pouvoir travailler depuis une plage ou de prendre le train dès le jeudi pour un week-end qui ne commencera pas dans un TGV surpeuplé.

  • Répondre Cloé 9 octobre 2014 at 16 h 35 min

    Ton article me parle ! Diplômée depuis Décembre je bosse en Free lance depuis 5 mois, à droite à gauche, par dépit, puisque je ne trouve pas de CDI mais que je tiens à rester active (je fais du rédactionnel, du community management). J’aime beaucoup la liberté du statut mais ses limites sont pesantes, notamment en matière de sécurité (Heu, on lou comment un appartement à Paris sans CDI ?)… Bref je me retrouve tout à fait dans ce que tu dis ici !

    • Répondre Anne-Laure 9 octobre 2014 at 16 h 39 min

      C’est vrai que tu soulèves un très bon point… En France, le freelance est souvent difficilement pris au sérieux dès qu’il s’agit d’asseoir une crédibilité financière. Coucou les banques et les agences immobilières !
      Avec la diminution croissante des CDI, il va bien falloir qu’ils s’adaptent. En tout cas, je l’espère !

  • Répondre Kreudi 9 octobre 2014 at 17 h 03 min

    Je me suis bien reconnue dans ton article, je ne suis vraiment freelance mais journaliste pigiste en radio, et au bout de 10 ans, j’avoue que je commence à en avoir un peu marre… Marre de ne pas pouvoir prévoir des WE ou des soirées plus de 2 semaines à l’avance parce que tu ne connais pas ton planning, marre de bosser le WE aussi (tu peux évidemment dire que tu n’es pas libre, mais pas trop souvent, sinon on ne te rappelle plus), d’être obligée de me mettre en indisponibilité certains samedis pour pouvoir profiter tout simplement d’un anniversaire ou d’une pendaison de crémaillère, tout ça évidemment sans connaitre le salaire du prochain mois. Prendre des vacances, c’est toute une histoire, il faut essayer de taper dans les périodes creuses, en dehors des vacances scolaires et des jours fériés, puisque c’est là que j’ai le plus de boulot pour remplacer les personnes en CDI…Alors oui c’est vrai, on a de la chance d’avoir des horaires souples pour pouvoir aller faire les courses quand il n’y a personne, aller à la banque, pouvoir dormir parfois le matin en semaine (mais pas trop pour être sûr de ne pas rater un appel), mais c’est un stress permanent de ne pas savoir, de devoir s’organiser semaine par semaine. J’envie jalousement ceux qui ont des congés payés, puisque moi quand je prends des vacances, c’est « sans solde », je ne sais pas ce qu’est un RTT, une mutuelle payée par l’entreprise, des tickets restaurants, bref, tous ces petits avantages qui paraissent normaux à tous ceux qui les ont, mais qui sont pour moi un vrai luxe…Je suis sur le point de signer un CDD d’un an, je vais au final toucher moins d’argent qu’en pige, mais pendant cette période, je pourrai souffler, ne pas me soucier du lendemain, bref, profiter un peu… J’y reviendrai peut-être, mais il est vrai qu’en vieillissant ça me parait de plus en plus difficile, comment envisager d’avoir des enfants par exemple en ayant des horaires décalés tout le temps et un salaire qui varie du simple au double? Enfin voilà, j’en ai bien profité c’est vrai quand j’avais 20 ans, mais maintenant je pense qu’il est temps pour moi et ma santé de me ranger un peu. Sur ce Mamie va faire réchauffer sa tisane et se remettre au tricot 😉 Bon courage à tous les freelance en tous cas!

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 22 min

      10 ans ?! Je comprends que tu puisses en avoir marre. Surtout dans ce métier et étant données les conditions dans lesquelles tu l’exerces ! J’espère que ce CDD sera pour toi l’occasion de souffler.

  • Répondre Laulinea 9 octobre 2014 at 17 h 35 min

    Hello,

    Ça fait du bien de lire des expériences d’autres freelances ! Avant de partir au Canada, j’étais employée dans une agence, puis je l’ai quitté n’en pouvant plus des horaires et de la pression typiquement française… J’avais trouvé une autre agence, mais par la force des choses, je me suis retrouvée en free. Chose que je n’avais pas voulu mais qui finalement m’allait très bien puisque ça me permettait de me consacrer à mon départ 9 mois plus tard, à Montréal.
    Quand je suis arrivée ici, j’ai continué quelques missions en free pour la France, puis j’ai trouvé un travail en agence. Un travail avec des horaires corrects 40h, pas 1 min de plus, pas de pression particulière (si ce n’est de pouvoir être viré n’importe quand), et ça me laisse même le temps de travailler encore pour la France de temps en temps.
    Je suis bien avec cette nouvelle vie où le travail n’est plus n°1 dans ma vie, et où ma vie passe avant le travail. N’empêche que des fois, je rêve de me remettre free à temps plein, ou mieux à mi-temps, car cette liberté parfois me manque !
    Effectivement je ne suis pas sûre que le free peut durer toute la vie, car il y a beaucoup d’incertitudes, et si tu n’as pas un conjoint qui assure, c’est la grosse galère pour trouver un logement, faire un crédit, construire sa vie quoi… Il y a encore beaucoup à faire pour améliorer ce statut !

    Voilà, désolée pour le pavé et j’ai hâte de savoir ce que tu vas choisir comme voie au final, ou ce qui te conviendra le mieux :)

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 19 min

      J’ai l’impression de me voir quand je lis ton expérience de l’agence presse-citron française. C’était la même pour moi avant Montréal… Je suis passée d’un boulot en agence parisienne à plus de 50h par semaine (payées 35h sinon c’est pas drôle !) à un boulot en agence montréalaise où le soir personne ne me demandait si j’avais posé un RTT quand je filais à 17h30. Le choix d’être freelance dépend aussi beaucoup de cet environnement.
      Merci pour ton partage d’expérience ! Je crois que je vais retenter le boulot en agence en arrivant à Montréal et si ma liberté me manque trop, on verra… Que sera, sera ! :)

  • Répondre Aline - Inspiré et Créé 9 octobre 2014 at 20 h 56 min

    Moi aussi, j’aime mon statut de freelance même si ce n’est pas toujours facile et que parfois, le mental peut se mettre trop de pression et de stress pour rien (notamment pour les finances).
    Mais la liberté est tellement jouissive!

  • Répondre Amélie Sogirlyblog 10 octobre 2014 at 9 h 07 min

    Etant moi même dans un processus de reflexion à me lancer en freelance depuis un peu plus d’un an, je suis ravie de pouvoir lire ton article très utile ! Les gens autour de moi me poussent à me lancer mais j’ai un peu peur je t’avoue, de me retrouver sans boulot, de ne pas avoir de missions, etc… Et pourtant, je crois que je m’éclaterai plus que dans mon boulot actuel !

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 14 min

      Tant que l’on n’a pas testé, il est difficile de savoir si le freelance est fait pour nous. Mais c’est sûr qu’il faut être prêt à prendre des risques et renoncer à ces petites choses qui nous vont bien dans le quotidien pour en trouver d’autres.
      Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’envoyer un message. Je serais ravie d’y répondre.
      Bonne chance dans cette réflexion ! :)

  • Répondre La Grenadine 10 octobre 2014 at 23 h 59 min

    Ah ouais, génial le vol de texte. /:
    C’est vraiment moche pour le coup !

    Free-lance, j’ai donné un petit peu pendant mes premiers temps de recherche d’emploi, et entre les différents postes que j’ai occupés. Mais j’avoue que si la flexibilité du planning est un bel avantage, j’apprécie la stabilité financière et le fait d’avoir des collègues de boulot. 😉

    • Répondre Anne-Laure 15 octobre 2014 at 9 h 15 min

      Hé hé oui, j’avais halluciné ! (et encore plus de la réponse de mon contact qui avait nié être au courant !)
      Je crois qu’en 4 ans, j’ai à peu près testé toutes les galères qu’un freelance peut rencontrer. Enfin j’espère car il me reste encore quelques mois à tirer ! ^^

  • Répondre letizia 12 octobre 2014 at 12 h 39 min

    l’absence de patron pour moi ce serait le top ahah! mais effectivement il y a tout le revers de la médaille, il faut etre très consciencieux , respecter des horaires de travail à s’imposer etc..
    bise

  • Répondre Rose 17 octobre 2014 at 16 h 39 min

    Merci pour ce post qui tombe parfaitement bien !
    Je suis actuellement en recherche d’un poste de CM depuis plusieurs mois et je réfléchis sérieusement à prendre le statut d’autoentrepreneur en attendant de trouver le poste de mes rêves :)

    Je me dis que cela me permettrait aussi de voir si ce statut et ce rythme de travail/de vie peuvent me convenir car depuis la fin de mes études, il y a 5 ans, j’ai toujours travaillé dans un bureau entourée de collègues… Je vais donc faire mûrir ma réflexion :) A suivre !

  • Répondre Esperluette 20 octobre 2014 at 15 h 54 min

    Hello ! Il est top cet article ! En plein dans le mille en ce qui me concerne, car après quasiment 2 ans de chômage (et autant de rédaction de blog du coup), je suis en train de lancer ma petite entreprise. Je suis donc auto-entrepreneuse depuis qqs jours et même si mon activité n’est pas la même que la tienne (je monte un e-shop d’objets de déco scandinave), je me retrouve dans bcp de points que tu soulèves ! A bientôt !

  • Répondre Une famille à l'ouest du Canada 20 octobre 2014 at 19 h 19 min

    Bonjour,
    je viens de découvrir ton blog via hellocoton. Déjà juste au passage, j’adore ton bureau, Mug/post It.

    sinon moi j’avais ouvert ma boîte en France (je faisais des vêtements pour enfants) mais en parallèle, je préparais notre départ pour le Québec, du coup pas assez investi dans ce projet.

    Puis à notre arrivée au Québec, j’ai donc recréé ma boîte là-bas.

    Et l’impossible de me faire connaître le manque de contact et les prix des vêtements ici versus du fait main, voilà, ça ne marchait pas et je me rendais malade.

    Finalement, j’ai arrêté, il y a quelques mois parce que mes dépenses été bien plus grandes que mes gains, mais j’aurais vraiment voulu que ça marche parce que j’aime vraiment le fait de pouvoir gérer mon temps et être dispo pour ma famille.
    Enfin, on verra d’ici quelque temps.

    Bref, en tout cas je te souhaite plein de belles choses, j’espère que tu trouveras ton bonheur quel qu’il soit freelance ou un job qui te plaît

    Bon courage
    Nad

  • Répondre petitfruit64 21 octobre 2014 at 14 h 06 min

    J’ai testé ce statut et j’y ai trouvé exactement les mêmes points positifs et négatifs que toi. Ton article est très bien résumé et détaillé à ce sujet. J’adore choisir mes projets et organiser mon temps. Mais pour moi , les 2 plus gros points noirs sont le fait de travailler seul et les problèmes avec l’urssaf, et ils seraient capable de me faire arrêter ce travail en freelance. Bonne continuation dans ton aventure !

  • Répondre Faust'in 11 novembre 2014 at 15 h 55 min

    Cette année je pense que je vais rouvrir mon AE ! Kiara est certes à la crèche mais les horaires ne coïncident pas du tout avec un emploi de salarié. Alors je ne sais pas, je vais tout de même envoyer des CV et on verra bien lors des entretiens, si entretiens il y a. Et puis en parallèle pourquoi ne pas arrondir ses fins de mois … Mais c’est clair qu’à moyen terme je voudrais reprendre le chemin du bureau !

    • Répondre Anne-Laure 12 novembre 2014 at 11 h 24 min

      Je croise fort les doigts pour toi alors. Que l’avenir t’apporte de chouettes défis professionnels !

  • Répondre Anne-Charlotte 10 décembre 2014 at 20 h 16 min

    Merci beaucoup de cet article ca fait du bien de lire quelqu’un qui vit la même chose. Mon statut de freelance me convenait très bien au départ. Puis il s’est avéré plus difficile à vivre depuis que j’ai déménagé sur Londres avec mon mari. J’arrivais à trouver un équilibre sur Paris mais ici la solitude me pèse de plus en plus. Plus de copines pour aller de le midi et mon réseau est sur paris. Du coup je vais de temps en temps travailler dehors pour me sentir moins seule.

    Le deuxième truc compliqué pour moi, c’est de gérer mes horaires. En ce moment c’est un grand n’importe quoi, je fais des journées de 15 heures et je ne profite plus de mon chéri. Du coup j’essaye de me réimposer petit à petit un rythme, mais pas toujours évident de l’expliquer aux clients (certains me relancent quand ils n’ont pas reçu de réponse à leur mail non urgent… envoyé 2h avant!).

    Je suis outrée pour le vol de ton texte! Récemment on m’a aussi volé des dessins (mes propres clients). Les gens n’ont plus aucun respect!

    Bon courage pour ton changement de statut en tout cas et à très vite!

  • Répondre Rue Rivard » Blog Archive » 5 ans de Réflexions, 1 an après ! 6 janvier 2015 at 8 h 05 min

    […] notre beau périple en Thaïlande, mes déceptions professionnelles, mes interrogations sur la vie de freelance, nos démarches pour notre immigration québécoise et l’impatience qui en découle, ces […]

  • Répondre Une semaine rentrée – Rue Rivard 11 janvier 2016 at 2 h 03 min

    […] 5 années de bons et loyaux services à mon compte, 5 ans à osciller entre amour et haine envers mon quotidien de freelance, j’ai repris le chemin du salariat cette semaine. Depuis jeudi, j’officie en tant […]

  • Répondre Montréal, un an après – Rue Rivard 16 août 2016 at 22 h 57 min

    […] quitté la France en laissant derrière mois 5 ans de vie de freelance. Et aujourd’hui, je n’ai absolument aucun regret! Même le fait de pouvoir aller à mon […]

  • Répondre Retrouvailles avec Montréal – Rue Rivard 9 janvier 2017 at 19 h 08 min

    […] avons vu les copains devenir parents. Je me suis reconvertie professionnellement. J’ai été freelance pendant plus de 4 ans, chose que je n’aurais jamais pensé faire aussi longtemps. Ce blog a […]

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